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Les familles des victimes du crash du Rio-Paris attendent le prochain rapport avec perplexité

Le Parisien – Louise Colombet – 26 juillet 2011 – Y aura-t-il de nouvelles révélations sur le crash du Rio-Paris ? Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), qui cherche à comprendre les circonstances de l’accident qui a coûté la vie aux 228 passagers et membres de l’équipage du vol AF 447, le1er juin 2009, au large du Brésil, présentera de nouveaux éléments vendredi.

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 Dans un communiqué, l’organisme assure que ce rapport d’étape — sans doute le dernier avant ses conclusions définitives — « présente les circonstances exactes de l’accident » et « de nouveaux faits », établis à partir de l’exploitation des boîtes noires, repêchées début mai.

Pour les familles de victimes, c’est donc une étape importante… mais sans doute pas décisive. « Sans faire un procès d’intention au BEA, je serais étonné qu’ils reviennent sur la thèse qu’ils ont déjà présentée fin mai et qui revient à rejeter la faute sur les pilotes », explique ainsi Laurent Lamy, membre de l’association Entraide et Solidarité AF 447, qui a perdu son frère dans la catastrophe. Sa conviction, partagée par les autres membres de l’association, est que le facteur humain n’est pas seul en cause.

Mais de nombreuses questions restent encore en suspens. On sait par exemple que les sondes Pitot, qui fournissent les données sur la vitesse depuis l’extérieur de l’avion et qui ont givré, sont le point de départ du crash. « Les incidents s’étaient multipliés avant le crash, à tel point que plusieurs compagnies avaient commencé d’elles-mêmes à remplacer ces sondes, détaille Laurent Lamy. Mais Air France ne le faisait sur les A-330 qu’en cas de panne. Pourquoi le BEA et l’EASA, son alter ego au niveau européen, n’ont pas donné de consignes strictes ? »

Les conclusions pourraient attendre des années

C’est, depuis, chose faite. La directive a été prise trois mois après la tragédie du Rio-Paris. « Le BEA n’a parlé des sondes que du bout des lèvres », remarque Laurent Lamy, évoquant une enquête « orientée ». L’indépendance du BEA, qui dépend du ministère des Transports, a d’ailleurs été mise en cause par d’autres familles de victimes. De même, celles-ci se demandent si la procédure d’Airbus, le constructeur de l’avion, en cas de décrochage (lorsque l’appareil n’est plus porté par l’air faute de vitesse suffisante), est adaptée, et les pilotes formés. Des doutes persistent aussi sur le bon fonctionnement des calculateurs, qui filtrent les ordres donnés par les pilotes.
« Ça fait deux ans qu’on demande au BEA de travailler là-dessus », soupire Laurent Lamy. Comme lui, les familles attendent beaucoup de l’autre enquête, celle menée par une juge d’instruction parisienne. Mais ses conclusions pourraient ne pas intervenir avant plusieurs années.
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