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Conférence de presse du 31 mai 2010

« ENTRAIDE ET SOLIDARITE AF447 » (France)
COMITATO 31 MAGGIO (Italie)
HIOP AF447 (Allemagne)

Demain nous rendrons hommage aux disparus que nous continuons à pleurer et dont l’absence se fait de jour en jour durement sentir. Notre douleur et notre détresse restent intactes, permanentes, lancinantes. Le traumatisme est d’autant plus terrible que nous ignorons toujours ce que furent leurs derniers instants de vie.

Et, pour la plupart d’entre nous, l’absence des êtres aimés est d’autant plus cruelle que, sans dépouille, nous n’avons pu leur donner de sépulture décente. Les deux stèles érigées à Rio et à Paris, au delà du symbole, permettront le recueillement et perpétueront leur mémoire.

Cependant, ce triste anniversaire ne doit pas être un départ sur la route de l’oubli et de l’indifférence. L’échec récent des recherches en mer ne sera pas le terme des enquêtes technique et judiciaire. Nous continuerons à agir pour la recherche de la vérité et pour que justice soit rendue.

 

 

Les recherches en mer ont débuté à l’été 2009, par la désorganisation et le refus au plus haut niveau, c’est-à-dire M. BUSSEREAU, de toute réelle transparence pourtant promise aux familles. Elles se sont terminées par un échec dans la confusion, sur fond de polémique, sans parler pour les familles des victimes, de l’indécence d’une communication incontrôlée du ministère de la défense, relayée par le BEA et son perpétuel optimisme.

C’est la première fois que l’épave d’un avion gros porteur n’est pas retrouvée… Des explications et justifications doivent être fournies par l’ensemble des responsables (le BEA et la Marine Nationale) et par leurs ministères de tutelles (le Ministère des Transports et le Ministère de la Défense). Nous demandons ainsi, que tous les documents et données chiffrées concernant les recherches depuis l’été 2009, nous soient transmis sans aucune opacité, dans les plus brefs délais et sous couvert de confidentialité. Dans le cas contraire, nous nous réservons le droit de saisir les autorités judicaires afin de les obtenir.

De plus, nous engageons le gouvernement à poursuivre ces recherches très rapidement sous financement conjoint d’Air France et d’Airbus. Les recherches sont absolument nécessaires pour s’assurer de la vérité sur ce drame et éviter qu’un tel accident ne puisse se reproduire. Il y va de notre devoir, association de victimes, d’agir pour la sécurité de tous.

De plus, nous déplorons l’indigence des résultats d’enquêtes obtenus jusqu’alors, tant sur le plan technique que judiciaire.

Actuellement, deux enquêtes sont menées conjointement, l’une par la justice et l’autre par le BEA. Les 2 enquêtes montrent un acharnement systématique des enquêteurs et experts judicaires à minimiser voir à ignorer l’impact des pannes des sondes Pitot. Leurs refus de considérer cette panne comme un élément absolument essentiel des causes contributives sont suspects. De plus, leur incapacité ou leur manque de volonté à expliquer les autres pannes recensées génère la méfiance.

L’insistance à occulter l’incurie du retour d’expérience relatif aux sondes Pitot au niveau français et européen témoigne d’un manque de probité certain. La négation de l’évidence et le déni de la réalité ne doivent pas servir d’alibi aux protagonistes qui ont failli dans leurs devoirs de sécurité aérienne. Nous n’accepterons pas davantage que les carences et négligences des autorités étatiques françaises ou européennes ne soient pas sanctionnées à hauteur des conséquences induites.

A ce jour, 3 pré-rapports ont été rendus, 2 pour le BEA et 1 pour les experts judicaires. Nous réfutons d’ores et déjà ces trois rapports orientés, tendancieux et incomplets. Nous n’accepterons pas que le refus de preuves accablantes de ces entités sert de prétexte à « enterrer » l’affaire de l’AF447.

De même, face à l’indigence des recommandations de sécurité jusqu’alors émises par le BEA, nous revendiquons également une participation plus active des familles des victimes à l’amélioration de la sécurité aérienne. Certes, nous ne dénions pas le rôle prépondérant des professionnels de l’aéronautique, mais nous pensons que la voix des associations devrait être justement entendue, ne serait ce qu’à titre consultatif. Le lourd tribut que nous payons à l’insécurité aérienne nous autorise à faire cette requête.

Sur le plan purement judiciaire, la vacuité du pré-rapport est désolante et génère plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Aucune responsabilité n’est mise en évidence, les explications techniques inexistantes ou inappropriées et nous ne pouvons que déplorer le manque de qualité et de pertinence du travail réalisé par les experts. Nous doutons de leur indépendance et de leurs compétences pour mener objectivement une telle enquête jusqu’à son terme. Etant donné que l’accident n’est pas franco-français (avec 32 nationalités différentes), nous allons demander expressément à la juge d’instruction de nommer des experts internationaux, ce qui sera de nature à rassurer les familles des victimes et notamment les familles étrangères.

Enfin, sur le plan indemnitaire, des disparités importantes apparaissent dans l’évaluation du préjudice moral, « le prix d’une vie, le coût des larmes ». Nous sommes particulièrement conscients que, si le préjudice financier doit correspondre à la perte induite de revenus du disparu, le préjudice moral doit être identique pour tous, quelle que soit la nationalité de la victime et son niveau social. Le préjudice moral a vocation à être universel. Nous serons extrêmement vigilants sur ce point. Nous engageons les ayants droit à éviter toute transaction précipitée directe avec les compagnies d’assurances, hors avocats.
De même, nous attendons toujours un engagement ferme de la part d’Air France et ses assureurs à traiter toutes les familles sur un pied d’égalité.

En conclusion, a l’issue de cette année de détresse, de douleurs intenses et parfois de désespoir, nous ne pouvons que déplorer le peu de progrès réalisés sur les voies de la vérité et de la justice. Les promesses initiales de juin 2009 semblent bien loin.

Demain, Messieurs BUSSEREAU et GOURGEON ont choisi d’intervenir durant la cérémonie.

Les familles des victimes ont pourtant souhaité que cette cérémonie ne soit uniquement qu’un temps de recueillement et d’hommage à nos proches.

Nous attendons donc que devant toutes les familles présentes, M. BUSSEREAU, en toute humilité, s’engage enfin à une totale transparence envers celles-ci qui sont restées jusqu’à ce jour dans la plus affligeante opacité. Que M. BUSSEREAU autorise enfin la présence d’un observateur extérieur des familles, dès maintenant auprès du BEA et cela uniquement sur le volet recherche ; observateur déjà demandé le 5 novembre et jusqu’à maintenant toujours refusé. Enfin que M. BUSSEREAU s’engage concrètement sur une 4ème phase de recherche dans les plus brefs délais.

Nous attendons aussi, que M. GOURGEON, dès à présent, assure qu’Air France conjointement avec Airbus finance une 4ème phase de recherche. Je vous rappelle l’engagement prit par Airbus à l’été 2009, de financer ces recherches à hauteur de 20 millions d’euros.

Enfin, la cérémonie de demain, vous l’aurez compris, n’altère en rien nos difficultés, nos attentes et in fine notre détermination.

Nous continuerons donc ce combat de vérité et de justice afin que nos proches ne soient pas partis pour rien. 228 personnes dont le souvenir restera à jamais gravé dans la mémoire collective, nous ne manquerons jamais une opportunité de rappeler les responsabilités de ce drame jusqu’à ce que justice soit rendue en tout équité.

 

Information sur l’Association française « Entraide et Solidarité AF447 »
Entraide et Solidarité AF447 a été créée le 12 septembre 2009 et regroupe à ce jour les familles de 70 victimes, toutes nationalités confondues.
Sa représentativité lui a d’ailleurs permis de recevoir l’agrément du Ministère de la Justice et ainsi pouvoir se constituer partie civile dans la procédure pénal .(article 2-15 du Code de procedure pénale)

Information sur l’Association allemande HIOP AF447 :
HIOP AF447 a été créée le 27 novembre 2009 et regroupe à ce jour les familles des 28 victimes allemandes.

Information sur l’Association italienne « Comitato 31 maggio »
Le comité italien a été créé le 12 octobre 2009 et regroupe à ce jour les familles de 8 victimes.

 

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