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Point de presse BEA du 10 mai 2010

Objet : Point de presse BEA

Date : 10 mai 2010

Heure : 14.00 – 15.00

Lieu : Locaux du BEA

Ordre du Jour :

1 – Point de situation sur les recherches phase 3.2 (à partir du 6 mai 2010)

2 – Commentaires de la commission technique

 

Présents :

Pour l’association : John Clemes et Robert Soulas

Nombreux journalistes français et étrangers (anglais, allemands et brésiliens)

Nota : l’Association avait été invitée à participer à cette conférence de presse du BEA.

Les recherches en mer phase 3 du 28 mars au 26 avril 2010 sont appelées phase 3.1.

Les recherches en mer phase 3 qui ont débutées le 5 mai 2010 sont appelées phase 3.2.

 

Point 1 : Point de situation sur les recherches phase 3.2 (à partir du 6 mai 2010)

 

Voir le fichier joint : >>Situation au 10/05/2010>>.

Diapositive No 2 : zone investiguée par le sous marin nucléaire d’attaque (SNA – zone délimitée en jaune) et par l’Ifremer (TPL – zone délimitée en blanc).

Cette phase avait pour objectif la localisation des balises émettrices ULB des enregistreurs de vol. Moyens mis en œuvre : sonars et hydrophones.

On remarquera que les militaires ont exploré principalement la zone située à l’ouest et en amont de dernier point de position connue.

Diapositive No 3 : en jaune, la zone explorée par le sonar remorqué de l’IFREMER. Cette zone représente 10% de la zone couverte précédemment.

Les balises n’émettant plus, l’utilisation d’hydrophones a été abandonnée.

Diapositive No 4 : bathymétrie (reconstitution des fonds sous marins) de la zone réalisée par l’IFREMER.

Le trait oblique rouge indique la voie aérienne 873 qu’aurait dû emprunter l’AF447. On notera que la dernière position connue se situe à quelques 6 Km au nord ouest de la voie normale. Cela pourrait signifier un évitement d’une zone convective dangereuse.

Diapositive No 5 : Le rectangle incliné est/nord est la zone de recherche initiale issue des études et calculs de rétro-dérive des corps et débris récupérés.

Les surfaces investiguées entre le 28 mars et le 26 avril 2010 sont répertoriées en mauve/bleu/rouge. Les zones jaunes repérées 1 et 3 n’ont pas été investiguées (la zone 2 a été investiguée mais des doutes subsistent, elle sera ré-inspectée en phase 3.2.

Le rayon du cercle a été calculé avec les hypothèses suivantes : vitesse Mach 0,8 (980 Km/h) durant 5 min soit 40 Nm (Nautical miles – miles marin)

Au lendemain de l’annonce du Ministère de la Défense localisant les enregistreurs de l’aéronef, le Seabed Worker se trouvait en zone 1.

 

Diapositive No 6 : Le 5 mai au soir, le Ministère de la Défense a précisé une nouvelle zone de recherche dans laquelle pourrait se trouvait les enregistreurs : c’est le petit rectangle blanc de 250 Km2 (d’après le plan) situé à l’ouest et en amont de la dernière position connue. Cette zone est montagneuse et très profonde (4000m) dans sa partie ouest.

Diapositive No 7 : Le 10 mai dernier, les 2/3 du nouveau rectangle étaient explorés sans avoir localisé l’épave mais les dépouillements du 2eme tiers n’étaient pas encore terminés. Il y a en effet un décalage de plusieurs heures entre l’exploration par le drone sous marin et les résultats d’analyse des données.

A l’heure de la rédaction de ce compte rendu (12 mai), il est plus que probable que l’épave ne se situe pas dans la zone grisée du rectangle, zone représentant environ 66% de la surface.

Nous attendons donc les résultats de l’exploration du dernier tiers de cette zone.

Nota : en cas d’échec pour retrouver l’épave puis les enregistreurs dans cette zone, le BEA étendra ses recherches tout autour de ce petit rectangle de 250 Km2.

 

2 – Commentaires de la commission technique.

Questions posees par la commission technique :

a)     A quelle date le BEA a-t-il eu connaissance pour la première fois des enregistrements de la Marine Nationale ?

Réponse : le jeudi 6 mai 2010

b)     Comment les experts du BEA expliquent ils l’incapacité des experts militaires à discriminer les échos des balises après leur enregistrement sachant que les caractéristiques d’émission étaient parfaitement connues et pouvaient être filtrées (fréquence de 37,5 Khz, durée du ping…)

c)     Réponse : en juillet 2009, l’algorithme de filtrage n’existait pas. Il a été créé tout récemment et appliqué aux enregistrements AF447 « par hazard »…

Si l’épave devait se trouver dans la zone définie par le Ministère de la Défense, et au vu de la localisation de cette zone par rapport au dernier point de position connue, le demi tour de l’aéronef serait avéré. Ce demi tour pourrait être volontaire, c’est-à-dire piloté par l’équipage ou involontaire par perte de contrôle de l’avion.

La distance entre le rectangle et le dernier point connu (entre 65 et 88 Km) laisse supposer que l’avion était en phase de retour vers le Brésil pendant les dernières minutes du vol. Ceci ne reste évidemment qu’une hypothèse…

Nous notons également la communication confuse relative à la localisation des enregistreurs :

Le 6 mai, très tôt, le Ministère de la Défense est affirmatif : les enregistreurs se situent dans une zone de 5 Km. Puis la zone se transforme en cercle de 5 Km soit 78,5 Km2, puis augmente jusqu’à 100 km2, puis 200 Km2 et finalement 250 Km2…

Lors du communiqué de presse, les militaires précisent que localiser la zone ne signifie pas la récupération des enregistreurs car le terrain est difficile, et malgré une surface très restreinte, cela revient à rechercher une « boite à chaussures » sur une surface équivalente à celle de Paris. Nous objectons qu’avant de retrouver les enregistreurs, il faut repérer l’épave, ce qui ne représente pas la même échelle de grandeur…

De plus, la qualité de détection et d’exploration des fonds sous marins démontrée par le BEA rend les propos militaires inappropriés et tendancieux…

 

La commission Technique

 

 

 

 

 

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